Quincados: un nom pour une génération libérée.

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Classer, nommer, trier, évaluer, normaliser pour se sentir à la fois cohérent et différent. Rentrer dans une case, une fourchette et la comparer… C’est ce qui est arrivé dernièrement aux baby-boomer: la génération des années 60-70.

Mais pourquoi s’intéresse t-on à cette tranche de population? Que fait-elle pour attirer l’attention et fournir matière à plusieurs articles dans la presse ?

Et bien cette génération profite de la vie !  Et pour ça, hommes et femmes entre 45 et 55 ans sont surnommés depuis 2013 des « Quincados ».

Quel nom bizarre, on se demande ce qui a bien pu traverser l’esprit du petit malin qui a inventé cette appellation. Quel message a t-il voulu  faire passer?

Pour comprendre, attardons-nous sur ce groupe de jeunes cinquantenaires : les fameux « quincados ».

En termes simples, ce sont des individus autour de la cinquantaine, d’un bon milieu socioculturel, agissant comme des adolescents.

Dieu du ciel ! Faut-il s’alarmer d’une nouvelle maladie? Une dégénération précoce qui nous ramène à une éternelle crise d’adolescence?

Absolument pas !

Au contraire, nos jeunes cinquantenaires réalisent et montrent  sans complexes, que tout est encore possible :

Les femmes sont proches de leur filles adultes: elle partagent les sorties en boites, les tee-shirt. Elles veulent rester libres, jeunes et profitent de la technologie pour freiner les traces du temps.

Les hommes s’éclatent aux jeux vidéos, profitent de soirées jusqu’au petit matin et pratiquent le sport à haute dose.

En résumé, le Quincado refuse de se laisser enfermer, il rejette les étiquettes et il est accro aux réseau sociaux: Facebook, Instagram, Tweeter, etc.quincados reseau sociaux

Une amie me disait un jour: « Je suis plus que Française, je suis habitante du monde. » Ça résume parfaitement bien cet état d’esprit d’ouverture: les frontières disparaissent pour ces terriens qui préfèrent la liberté à l’autorité, les sorties aux corvées, le travail choisi à la besogne subie.

Le temps d’un week-end à Londres ou New York, nourrit la quête de valeurs aux quatre coins du globe.

Quoi de plus naturel avec l’allongement de la durée de vie que de profiter. À 50 ans, on est jeune dans sa tête et plus libre qu’avant avec des enfants devenus grands et autonomes. La jeunesse intérieur s’affirme à l’extérieur, on s’habille comme les jeunes, on devient entrepreneurs indépendants et on reste proche des jeunes. D’ailleurs, les rapports intergénérationnels se modifient: l’autoritarisme laisse place au dialogue et à la transmission transversale.

Serge Guérin, un sociologue spécialiste du vieillissement affirme que depuis la première fois dans l’histoire, l’âge rajeunit.

Oui, nous aurions gagné 15 ans ! C’est réjouissant non?

Comme d’autres, la combinaison des deux mots « quinquagénaire » et « adolescent », me laisse dubitative. Je n’y retrouve pas la libre sagesse qu’offre le privilège de l’expérience de vie. Mais plus une conjugaison de mots lourds, de préjugés peu valorisants: « la crise d’ados », « l’âge bête », « la poussée hormonale », côtoie « le déclin », le « has-been », « l’actif finissant ».

Si on chasse ces préjugés, on découvre des individus et notamment des femmes  entre 45-55 ans libérées d’une moralité séculaire et liberticide. La peur de la solitude est bien finie: c’est à présent l’âge de l’estime de soi, tant physiquement que moralement.

Ces femmes libres et audacieuses, je les croise, je les accompagne. C’est peut-être toi. C’est peut-être un proche.

Quand une femme m’interpelle pour acheter une de mes créations colorées et que je l’entend me dire: « J’aime porter un bijou qui se voit et que l’on ne trouvera pas ailleurs ». « J’aime porter un collier/des boucles d’oreilles/ un bracelet  qui a une histoire ». Je ne connais pas son âge, mais il se pourrait bien que ce soit une « Quincado ».

Heureusement, tous les cinquantenaires ne sont pas typés adolescents, et ils n’ont pas le monopole de l’estime de soi ! Nous n’avons pas à attendre  45 ans pour se libérer et vivre une seconde adolescence. La liberté d’être soi, c’est maintenant et pour longtemps (on dit bien que l’Homme qui vivra 1000 ans est déjà né ! ).

Vidéo de Dany Boon qui se qualifie de Quincado et les résume avec beaucoup d’humour.

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